Le collectif EcoTribune veut apporter une information objective, accessible  sur les projets mosellans et lorrains susceptibles d’avoir des incidences sur l’environnement.

Nous analysons les projets à notre rythme… Sont-ils sérieux ? Quels en seraient les bénéfices pour le territoire ? Quels sont les risques pour l’environnement ?

Que ce soient les projets privés : hydrogène, gaz de couche, stockage de CO₂, géothermie, méthanisation, éolien, photovoltaïque, électrolyse, etc.

Ou les actions publiques : réforme du code minier, réparation des dégâts miniers, gestion de la remontée des nappes, inondations, etc.

Nous travaillons avec les associations locales de préservation de l’environnement et de défense des habitants :

Collectif de défense des bassins minier lorrains (Collectif Minier)
Association pour la préservation de l’environnement local (APEL57)
Consommation logement et cadre de vie (CLCV)
Association Intercommunale de Sauvegarde de l’Environnement (AISE)
AGIR pour le cadre de vie
Association pour la Défense de l’Environnement et de la Lutte contre la Pollution en Moselle-Est (L’ADELP)
Association de Défense de l’Environnement de Petite Rosselle et Alentours (ADEPRA)
Association DE nos MAINs pour la sensibilisation des habitants à l’environnement

Et nous nous entourons d’experts :

Ingénieur hydrogéologue et spécialiste des forages profonds
Scientifique de l’université de Lorraine
Avocats publicistes 

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Projets industriels à surveiller

C’est terminé pour le gaz de couche en Moselle

Ça concerne :

De quoi ça parle :

Fin des tentatives d'extraction du gaz de couche. Mais les associations refusent d’être considérées comme un frein à la mise en œuvre de projets miniers. Par contre, elles veulent faire œuvre de vigilance constructive. OK pour les projets miniers… s’ils sont bien faits !

Ce dossier a été traité par le Collectif de défense des bassins miniers lorrains et l’APEL57. 
Leur action a été soutenue par LNE et les Amis de la Terre. 

16 décembre 2025 : le Conseil d’État interdit à FDE de  produire du gaz de couche (méthane) en Moselle-Est 

Depuis 1988, six entreprises se sont succédé dans leurs tentatives d’extraction de méthane du carbonifère. Une quinzaine de forages profonds, dont treize en Moselle-Est ont été réalisés, sans succès exploitable. Depuis 2007, la dernière en date, FDE (française de l’énergie), a réalisé trois forages méthaniers en utilisant une nouvelle technologie : les puits sont prolongés par des drains horizontaux dans le charbon pouvant couvrir une aire de drainage du méthane allant jusqu’à 300 ha. Là encore, le gaz a refusé de sortir à des débits exploitables.

Il n’empêche que, le 26 novembre 2018, FDE dépose une demande de concession minière pour extraire le méthane. Avec une durée de validité allant jusqu’au 1er janvier 2040 (date au-delà de laquelle la loi interdit l’exploitation d’hydrocarbures). Cette concession couvre les territoires de Saint Avold et de Farébersviller sur lesquels FDE avait prévu de réaliser jusqu’à 400 forages gaziers répartis sur 40 plateformes.

Pourquoi une concession minière ? 

Sans concession, aucune exploitation du méthane n’est possible. Avec une concession, l’exploitant bénéficie d’un droit exclusif d’exploitation. Cette exploitation peut être autorisée par l’administration à occuper les terrains nécessaires, y compris privés, dès lors qu’il ne s’agit pas de terrains attenants aux habitations ou aux terrains clos.

Pourquoi les associations concernées se sont opposées à cette demande de concession ?

Les informations qui ont filtré sur les déboires techniques et organisationnels rencontrés sur les forages de Lachambre en 2017 ont amené les associations à douter de la capacité de FDE à mener ces chantiers en toute sécurité : dispersion de produits dans les aquifères, puits partiellement cimentés, etc.

FDE a refusé, systématiquement, de répondre aux demandes d’informations de la part des associations. L’entreprise est restée sur une communication lénifiante, sans reconnaitre les problèmes techniques rencontrés et, par conséquent, sans expliquer si et comment elle compte y remédier sur les forages suivants. 

Les associations  se sont donc opposées à cette demande de concession.

 Et le Ministère a refusé cette concession en avril 2023.

FDE a choisi de judiciariser ce refus par un recours au tribunal administratif. Recours qu’elle a gagné : le ministère a été contraint d’accorder la concession en novembre 2023.

Les associations ont immédiatement porté l’affaire au Conseil d’État, la plus haute juridiction.

À l’appui d’une requête largement documentée et de cinq mémoires complémentaires, elles ont présenté une réalité bien différente de celle décrite par FDE.

Le Conseil d’État a suivi cette requête, en prononçant, le 16 décembre 2025, l’annulation définitive du décret d’octroi de la concession.   

Décision du Conseil d’État (extrait)

[Dans ces conditions, eu égard, d’une part, à la sensibilité du contexte hydrogéologique local et à la grande difficulté à réparer d’éventuelles atteintes aux nappes aquifères et, d’autre part, aux incertitudes persistantes quant à la fiabilité technique du procédé d’extraction envisagé, la société ne peut être regardée comme disposant à ce jour des capacités techniques pour exploiter, dans le respect des intérêts mentionnés à l’article L. 161-1 du code minier, les gisements de gaz qui lui ont été concédés par le décret litigieux.

Le vice identifié affectant le décret de concession dans son ensemble et n’étant pas susceptible d’être régularisé par l’intervention d’un acte modificatif, l’association Collectif de défense des bassins miniers lorrains et autres sont fondées à demander l’annulation du décret qu’elles attaquent…]

Consulter le jugement complet prononcé par le Conseil d’État  le 16 décembre 2025

 

En matière de projets miniers, il faut tirer la leçon de cet épisode malheureux (qui a duré presque 40 ans.)

.

OK pour les projets miniers… S’ils sont bien faits ! 

Les associations refusent d’être considérées comme un frein à la mise en oeuvre de projets miniers. Elles veulent, par contre, faire œuvre de vigilance constructive.

L’acceptation sociale d’un projet n’est pas qu’un permis administratif, c’est surtout  un “crédit de confiance” accordé par les riverains, les usagers, les associations locales, les élus locaux.

Il faut que chacun y mette du sien : 

Du côté des associations : 

  • Ne pas avoir d’opinion tranchée si on ne connaît pas l’ensemble du dossier. Un gros travail est mené pour s’entourer, par projet, de personnes expérimentées.
  • Collaborer avec la DREAL en s’attachant, par projet, les services d’un expert spécialisé et indépendant, qui sera en mesure d’analyser la conception du projet, de suivre le chantier et de faire les recommandations nécessaires pour assurer la sûreté de l’ouvrage vis à vis de l’environnement.

Du côté des maîtres d’ouvrage et des porteurs de projets :

  • Transparence, transparence, transparence…et collaboration avec l’expert mandaté par les associations.

Du côté des financeurs publiques : 

Les projets bénéficient d’aides publiques. Ces aides doivent être conditionnées à l’engagement du porteur de projet à collaborer avec l’expert des associations.

Prochain rendez-vous : le 7 janvier avec le Président de la Région Grand-Est pour discuter de conditions de financement des projets minie

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Rémy GREGOR
22 décembre 2025 15 h 51 min

Je tiens à féliciter Ecotribune pour le travail réalisé dans ce dossier, pour sa persévérance et le sérieux de ses experts.

Commune
ALTVILLER
Jacques Lagabrielle
21 décembre 2025 11 h 45 min
Ma notation pour cet article :
     

En tout point en accord avec ce regard entre l’entreprise exploitante et les différents acteurs de la société . Transparence , professionnalisme et communication sincère de l’entreprise exploitante .

Commune
Valmont
Patrick Bonnet
20 décembre 2025 6 h 22 min
Ma notation pour cet article :
     

C’est ainsi lorsque les choses ne sont pas faites en toute transparence. Les élus de la majorité de 2020 de ma commune avaient voté pour. J’avais rencontré, écouté et entendu les membres de cette association avec des collègues de mon équipe. Lors des débats, seule la société avait été conviée à s’exprimer.

Commune
Faulquemont
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