1 – Le point de vue de l’opérateur minier
(actuellement c’est La Française de l’Energie)
La production locale de gaz contribue à l’indépendance énergétique du pays, déjà très pauvre en ressources propres et largement dépendant des importations. Aujourd’hui, dans le périmètre de la concession, il y a 1,7 milliards de m3 de gaz certifiés “1P”. Cette certification signifie que la probabilité d’existence du gaz est supérieure ou égale à 90 pour 100.
La notice d’impact de la demande de concession se veut extrêmement rassurante.
Les drains horizontaux forés dans les veines de charbon avec un diamètre de seulement 6’’1/8 (soit environ 15,5 cm) sont consolidés par un tubage crépiné de 3’’ 1⁄2 (soit environ 9 cm). Ils ne généreront aucun affaissement en surface.
Aucune technique interdite ne sera mise en œuvre, la nature et la structure des couches géologiques ne seront pas impactées par les activités menées par la Société.
La mise en production des forages n’aura pas d’impacts sur les masses d’eaux souterraines. Le gaz de charbon sera produit par simple pompage, et la présence des cuvelages cimentés mis en place dans le cadre des travaux de forage permettront notamment d’isoler le puits des formations aquifères.
En outre, des mesures seront prises afin d’éviter tout risque de mise en communication d’aquifères superposés par les forages […] La qualité des cimentations exécutées sera vérifiée par des opérations de diagraphies.
Quel retour pour le territoire ?
En phase de production, la Française de l’Énergie s’acquittera de la Contribution Économique Territoriale (CET) et sera soumise à l’Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux. Les communes concernées, le département et l’État bénéficieront également des redevances minières régies par le Code général des impôts et le Code minier :
- Redevance communale : 316.3 € / 100 000 m3 de gaz ;
- Redevance départementale : 461.7 € / 100 000 m3 de gaz ;
- Redevance progressive : 30 % du chiffre d’affaire si la production annuelle est supérieure à 150 millions de m3.
2 – Le point de vue du collectif EcoTribune
Il s’agirait d’une petite production locale !
La réserve actuellement certifiée est faible : exploitée sur 20 ans, cette réserve de 1,7 milliard de m3 produirait un équivalent énergétique de 0,8 TWh par an alors que la consommation d’énergie primaire de la France a été de 769 TWh en 2021.
Notons que l’évaluation de la réserve exploitable pourrait être revue à la hausse au vu des productions des puits, mais à condition que le gaz puisse être extrait avec des débits significatifs.
Or les essais de production à LACHAMBRE n’ont produit que 150 m3/j en moyenne sur 31 semaines (avec toutefois de pointes à 1000 m3/j). Ce débit est trop faible pour assurer la rentabilité du projet (nous estimons que le seuil de rentabilité d’un puits est supérieur à 2500 m3/j en moyenne).
La théorie sur la production de gaz de couche laissait croire à des valeurs bien différentes :

Courbe théorique de production de gaz (source FDE)
Incidents techniques, litige avec le foreur, débit moyen de production 15 à 20 fois trop faible, incertitude sur l’octroi de la concession… Le puits de LACHAMBRE n’a pas pu être mis en production.
Après 20 ans de prospection et de tentatives, le gaz Mosellan refuse toujours de sortir à des débits exploitables.
Les risques encourus par l’opérateur lui-même :
Dans sa note d’opération pour son introduction en bourse de 2016, l’opérateur identifie les risques qu’il prend :
- La technologie de forage utilisée par le Groupe pourrait être difficile à mettre en œuvre à grande échelle et pourrait devenir obsolète ;
- Les opérations du Groupe présentent divers risques sanitaires, de sécurité, environnementaux et opérationnels;
- Les flux de trésorerie dégagés par le Groupe ne sont pas suffisants pour financer ses activités et il existe un risque d’insolvabilité ;
Les risques encourus par le territoire :
Le forage du puits de Lachambre a rencontré des difficultés, notamment dues au fait que les 400 mètres d’aquifère (grés) sont fracturés : 6300 tonnes de fluide de forage et 60 tonnes de ciment ont été dispersées dans les aquifères.
La cimentation du forage, sur la traversée des aquifères est médiocre.
Compte tenu des perspectives de valorisation de la ressource en eau, une pollution supplémentaire de l’aquifère ne pourra pas être supportée dans cette zone sujette à la remontée de nappe.
Le tubage et la cimentation des nouveaux puits (CH4, CO2, H2, Géothermie) devront être encadrés (par exemple, par des prescriptions issues des forages dans le bassin parisien).

















