Pour quoi faire ?
Selon l’entreprise :
Ce forage de reconnaissance vertical permettra d’améliorer la connaissance des couches profondes du Carbonifère, et de comprendre les mécanismes de formation et de migration de l’hydrogène naturel dans le bassin lorrain. Ce forage permettra de cartographier la présence de la ressource d’hydrogène naturel suite à la découverte réalisée récemment dans le cadre du projet de recherches REGALOR.
La présence de nombreuses veines de charbon ayant une étendue latérale importante, une épaisseur conséquente au droit du projet, pourrait favoriser la migration de l’hydrogène naturel depuis sa zone de formation évaluée à environ 3000 m de profondeur.
Vous avez dit 4 000 mètres de profondeur??
La majorité des forages pétroliers se situent entre 2 500 et 3 500 mètres de profondeur. 3 forages ont toutefois atteint les 12 000 m en Russie et au Qatar.
Il y a eu également, dans le bassin parisien, en 1963-1964, le forage de Gironville 101 dans la Meuse, profond de 5683 mètres.
Celui-ci sera vertical. Ce puits sera un “télescope” de 2 400 mètres de long constitué de 4 tubes acier de 50 cm de diamètre pour le plus court à 25 cm pour le plus long (voir schéma ci-dessous). Ces tubes s’enfilent les uns dans les autres. Le « télescope » sera suivi d’un drain vertical de 1 600 mètres de long et de 18 cm de diamètre qui tentera de drainer les gaz dissous dans l’eau en profondeur (méthane, CO2, hydrogène…).
La sécurité du puits vis à vis de l’environnement devra être obtenue en garantissant une cimentation optimale et notamment au passage des aquifères. En effet, un tube en acier qui trempe dans une eau agressive se corrode et se fait manger d’une épaisseur allant de 0,4 à 2 mm par an. Il faut donc le protéger : on cimente l’espace annulaire entre le tube et les terrains ainsi que celui entre deux tubes qui se chevauchent. C’est une opération complexe qui fait appel à des savoir-faire et à des équipements de pointe.
Est-ce que la cimentation sera optimale à Pontpierre ? Affaire à suivre !
Peut-on forer à 4 000 mètres sans autorisation ?
La Loi autorise cette pratique en faisant une exception pour les forages dits de reconnaissance géologique. Le code minier a été lourdement modifié ces dernières années, avec, entre autres, le fait que l’hydrogène natif soit devenu une substance minière et qu’un forage de reconnaissance passe au travers de l’autorisation et de l’enquête publique.
1° Des hydrocarbures et des combustibles fossiles, la tourbe exceptée, qu’ils soient sous forme solide, liquide ou gazeuse, du graphite, du diamant ;
2° Des sels de sodium et de potassium à l’état solide ou en dissolution, à l’exception de ceux contenus dans les eaux salées utilisées à des fins thérapeutiques ou de loisirs ;
3° De l’alun, des sulfates autres que les sulfates alcalino-terreux ;
4° De la bauxite, de la fluorine ;
5° Du fer, du cobalt, du nickel, du chrome, du manganèse, du vanadium, du titane, du zirconium, du molybdène, du tungstène, de l’hafnium, du rhénium ;
6° Du cuivre, du plomb, du zinc, du cadmium, du germanium, de l’étain, de l’indium ;
7° Du cérium, du scandium et autres éléments des terres rares ;
8° Du niobium, du tantale ;
9° Du mercure, de l’argent, de l’or, du platine, des métaux de la mine du platine ;
10° De l’hélium, du lithium, du rubidium, du césium, du radium, du thorium, de l’uranium et autres éléments radioactifs ;
11° Du soufre, du sélénium, du tellure ;
12° De l’arsenic, de l’antimoine, du bismuth ;
13° Du gaz carbonique, à l’exception du gaz naturellement contenu dans les eaux qui sont ou qui viendraient à être utilisées pour l’alimentation humaine ou à des fins thérapeutiques ;
14° Des phosphates ;
15° Du béryllium, du gallium, du thallium ;
16° De l’hydrogène natif.
Article 3 du Décret n°2006-649 du 2 juin 2006 (Modifié par Décret n°2022-1485 du 28 novembre 2022)
Sont soumis à l’autorisation prévue par l’article L. 162-3 du code minier : L’ouverture, à terre et dans les eaux intérieures, de travaux de recherches de substances minières mentionnées à l’article L. 111-1 du code minier par forages, isolés ou sous forme de campagnes de forages, à l’exclusion des forages de moins de 100 mètres de profondeur, des forages de reconnaissance géologique, géophysique ou minière, y compris des forages de caractérisation, des forages de surveillance ou de contrôle géotechnique, géologique ou hydrogéologique des exploitations minières et des forages pour étudier la stabilité des sols ;
Ce qui ne signifie pas que l'administration n'a rien à dire !
Le préfet fait connaître au déclarant, dans le délai de deux mois suivant la réception du dossier de déclaration, les prescriptions qu’il se propose d’édicter. Le demandeur dispose d’un délai de quinze jours pour présenter ses observations éventuelles sur les prescriptions envisagées. A l’issue de ce délai, le préfet dispose d’un délai de quinze jours pour donner acte de la déclaration initiale et édicter celles des prescriptions proposées.
Lorsque le préfet n’a pas fait usage de la procédure prévue à l’alinéa précédent, le déclarant peut entreprendre les travaux à l’issue d’un délai de deux mois suivant la réception du dossier complet. (Article 18 du Décret n°2006-649 du 2 juin 2006 (Modifié par Décret n°2022-1485 du 28 novembre 2022 – art. 4)
La DREAL a analysé le dossier, en a discuté avec l’entreprise et a transmis à la Préfecture les prescriptions qu’elle souhaite voir indiquées. Plus de 20 pages de prescriptions ont été transmises à l’entreprise. (consultez le dossier)
Le programme de travaux de forage, qui décrit le détail des opérations de forage, doit être transmis à la DREAL, un mois avant le début des travaux. Ceux-ci ne ne pourront pas être entrepris sans l’accord du préfet.
Ce qui signifie que les habitants n’ont rien à dire !
Information minimaliste !
Ceux qui, par chance, ont pu voir l’affichette à la mairie de Pontpierre, constatent que le dossier de déclaration au format numérique est mis à la disposition du public en mairie, pour information, pour une durée d’un mois à compter de l’affichage de cet avis. Nous avons demandé, 10 jours trop tard, le dossier à la mairie qui nous a été refusé et c’est finalement la DREAL qui a bien voulu nous le transmettre.
Ni consultation, ni enquête publique
C’est la Loi ! Mais il n’empêche que c’est maintenant que commence l’action des associations :
S’il faut faire des forages, il faut bien les faire !
Et ensuite ?
La réalisation d’un forage de ce type va prendre 3 à 6 mois. Il est fort probable qu’il faudra forer et forer encore pour vérifier que l’eau des profondeurs contient l’hydrogène dissous attendue par les scientifiques.
Par contre les forages suivants ne pourront être faits que si le permis exclusif de recherche est octroyé à l’entreprise. La demande de permis (les 3 évêchés) a été déposée le 13 mars 2023 et sera probablement acceptée avant la fin de l’année, à l’issue d’une enquête publique qui devrait se faire en mai juin 2025.
De plus, ces forages seront placés sous le régime de l’autorisation (avec enquête publique).
Les associations devront alors poser les bonnes questions au regard de la prévention des risques environnementaux.



















Bonjour.
Le fait de ne pas être informé me rend encore plus méfiante.
J’ai été à la réunion à folschviller. Nous avons eu droit à des personnes qui se congratulaient mutuellement. Ce que j’ai bien compris ce que c’est notre argent publlic qui va servir a une expérimentation et pour se faire traverser nos nappes phréatiques à 800 mètres du village. Je trouve cela inadmissible. Mais il est vrai qu’à Pontpierre nous disposons non loin d’un incinérateur d’animaux, d’une décharge qui défigure notre paysage et Bonjour aux odeurs nauséabondes que parfois nous sentons. Maintenant , il y aura le forage…. sommes nous trop sage pour les laisser faire ?
Notre avis ne compte pas, les décideurs sont loin et accepteraient il cela à côté de chez eux?? Cela ne leurs viendraient même pas à l’idée. Honte à eux.
MC Freudenreich
En France , on veut le beurre , l’argent du beurre et …..
Pourquoi ne pas faire confiance aux autorités et chercheurs du CNRS.
On pourrait retourner dans les cavernes et vivre comme les humains préhistoriques .
Ou alors trans fèrer toutes nos mulrinationales aux USA ?
Bonjour ! Excellent dossier global sur l’hydrogène blanc. Je suis ingénieur et je trouve cela très documenté, très argumenté.
Vous indiquez qu’il va y avoir en 2025 une enquête d’utilité publique pour le permis d’exploration des 3 évêchés. Est-ce une info ou une supposition ?
Bravo pour votre travail !
Merci !
En tout cas il y aura consultation du public. La demande de permis exclusif a été transférée à l’autorité environnementale le 10 février 25, elle devra statuer avant le 10 mai.
Nous avons questionné le ministère, et voici sa réponse :
« Effectivement nous avons soumis le dossier à l’autorité environnementale, l’instruction va durer 3 mois. A l’issue, nous procéderons à une consultation du public, lors de cette consultation nous mettrons en ligne le dossier, l’avis de l’autorité environnementale ainsi que la réponse du pétitionnaire à cet avis. Nous pourrons vous en avertir. »
À force de crier au miracle il découvrirons peut être un mirage !