Le collectif EcoTribune veut apporter une information objective, accessible  sur les projets mosellans et lorrains susceptibles d’avoir des incidences sur l’environnement.

Nous analysons les projets à notre rythme… Sont-ils sérieux ? Quels en seraient les bénéfices pour le territoire ? Quels sont les risques pour l’environnement ?

Que ce soient les projets privés : hydrogène, gaz de couche, stockage de CO₂, géothermie, méthanisation, éolien, photovoltaïque, électrolyse, etc.

Ou les actions publiques : réforme du code minier, réparation des dégâts miniers, gestion de la remontée des nappes, inondations, etc.

Nous travaillons avec les associations locales de préservation de l’environnement et de défense des habitants :

Collectif de défense des bassins minier lorrains (Collectif Minier)
Association pour la préservation de l’environnement local (APEL57)
Consommation logement et cadre de vie (CLCV)
Association Intercommunale de Sauvegarde de l’Environnement (AISE)
AGIR pour le cadre de vie
Association pour la Défense de l’Environnement et de la Lutte contre la Pollution en Moselle-Est (L’ADELP)
Association de Défense de l’Environnement de Petite Rosselle et Alentours (ADEPRA)
Association DE nos MAINs pour la sensibilisation des habitants à l’environnement

Et nous nous entourons d’experts :

Ingénieur hydrogéologue et spécialiste des forages profonds
Scientifique de l’université de Lorraine
Avocats publicistes 

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Projets industriels à surveiller

Un élu messin répond à la consultation pour le permis exclusif de recherche d’hydrogène

De quoi ça parle :

Réponse à la consultation pour l’octroi d’un permis exclusif de recherche d’hydrogène en Lorraine* Je publie ci-dessous ma contribution (modeste et personnelle) à la consultation relative au permis exclusif de recherche d’hydrogène en Lorraine déposé par la Française de l’Énergie - Denis MARCHETTI

Autres publications sur l'hydrogène

Billet de Didier Marchetti

Groupe local Europe Ecologie Les Verts – Metz et Pays messin

8 août 2025

Réponse à la consultation pour l’octroi d’un permis exclusif de recherche d’hydrogène en Lorraine*

Je publie ci-dessous ma contribution (modeste et personnelle) à la consultation relative au permis exclusif de recherche d’hydrogène en Lorraine déposé par la Française de l’Énergie

Pour rappel, ce permis concerne un territoire immense de 2 254 km², qui inclut entièrement 238 communes et partiellement 107 communes. Il serait octroyé pour une durée de 5 ans, prolongeable jusqu’à 15 ans.

Premièrement, je note que la procédure de consultation choisie est, comme souvent, dramatiquement sous-dimensionnée. Seule une participation du public par voie électronique a été ouverte du 10 juillet au 11 août 2025 ! Un petit mois sur internet en plein été. Aucune enquête publique, aucun débat public. Cela n’est pas à la hauteur de l’enjeu démocratique et écologique du sujet et traduit malheureusement un certain mépris de la population locale sur un sujet pourtant stratégique.

Deuxièmement, je m’interroge sur la concomitance de deux projets très liés, ce permis de recherche d’une part, et le projet Regalor II, d’autre part, mené par les mêmes acteurs, les mêmes équipements et le même objectif. L’autorité environnementale soulève d’ailleurs que « l’articulation entre Regalor II et le PER est mal explicitée alors qu’ils participent sans doute d’un même projet au sens du code de l’environnement ». Je note que, d’un côté, Regalor II fait l’objet d’un subventionnement de la Région Grand Est, avec le soutien d’organismes publics d’enseignement supérieur et de recherche (CNRS/université de Lorraine), et que de l’autre, la Française de l’Energie dépose une demande d’exclusivité pour la recherche d’hydrogène.

Et donc, effectivement, je m’interroge : qui recherche, le public ou le privé ? Et, en cas de succès, à qui profiteront en définitive les résultats de ces recherches ?

S’agissant, justement, du choix de l’industriel, le dossier précise que la période de mise en concurrence ouverte sur le mois de février 2024 n’a reçu … qu’une seule proposition, émanant donc de la Française de l’Energie. Cette dernière aurait-elle donc un droit exclusif sur le sous-sol lorrain, du gaz de couche à l’hydrogène, depuis plus de vingt ans et pour longtemps encore ?? A quel titre ?… Si le gisement concerné est si extraordinaire, comment expliquer que cette mise en concurrence n’ait suscité l’intérêt d’aucun autre acteur industriel ?…

Concernant le gisement, justement, je note, comme le souligne d’ailleurs la Région Grand Est dans son plan d’actions « hydrogène » (mars 2025), « qu’il n’y a pas de parution scientifique partagée par les chercheurs (qui serait donc validée par des pairs) » et que la Région « a demandé que le BRGM soit intégré au consortium pour conforter la rigueur des travaux ». Dès lors, je souscris totalement aux propos de M. Stéphane André, chercheur au laboratoire Lemta (Laboratoire Énergies et Mécanique Théorique et Appliquée) de l’université de Lorraine, dénonçant un « discours de promesse »*, très largement médiatisé, qui fonctionne exactement de la même manière que celui tenu précédemment sur le gaz de couche de charbon. D’après la Région Grand Est, les annonces dans la presse sont montées jusqu’à 250 Mt annuelles, contre 34 Mt aujourd’hui. Cela reste évidemment important, mais m’interroge sur l’utilisation possible des médias pour légitimer une future exploitation minière. Un brin d’humilité, de sobriété et de prudence seraient sans doute opportunes.

D’autant que … six (!) masses d’eau souterraines sont concernées directement ou indirectement par le projet global et qu’un forage de 4 000 mètres est déjà lancé à Pontpierre fin 2025. Pour l’autorité environnementale, « la vulnérabilité [des masses d’eau] à une pollution résultant de techniques d’exploitation doit être évaluée ». Celle-ci recommande d’ailleurs de « compléter le dossier par une analyse sommaire des incidences […] du futur projet d’ensemble comprenant les travaux d’exploitation et de raccordement et intégrant les travaux liés au programme de recherches Regalor II en cours ».

La FDE répond que « à ce jour, les débits de production et les conditions d’une éventuelle exploitation ne sont pas établis et qu’il serait prématuré et dangereux d’analyser à ce stade les éventuelles incidences d’une phase d’exploitation ». 

Pratique : d’un côté, on fait miroiter des millions de tonnes pour obtenir un permis, de l’autre il est trop tôt pour réaliser une analyse (sommaire) de l’exploitation que l’on en ferait. Je regrette donc profondément qu’il n’ait pas été fait droit à la demande de l’autorité environnementale, ce qui aurait permis de nourrir le débat public nécessaire.

Enfin, en tant que conseiller municipal messin, je m’interroge sur l’éventualité citée au dossier de fournir de l’hydrogène naturel au réseau de bus messin, alors même que notre métropole s’est engagée dans la mise en place d’un écosystème et d’équipements industriels (électrolyseur) coûteux. Comme tout le reste, cette éventualité n’a jamais été portée publiquement au débat, ce qui est là aussi regrettable.

Avant qu’un permis exclusif de recherche soit accordé à la Française de l’Énergie, je souhaite donc qu’un véritable début public puisse se tenir sur la question de l’exploitation de l’hydrogène en Lorraine, assis sur un consensus scientifique réel, une évaluation minimale des impacts environnementaux d’une phase d’exploitation (et non seulement de recherche) de l’hydrogène, et sur une cartographie précise des besoins futurs.

Le changement climatique et la transition énergétique nous engagent à des débats démocratiques ambitieux, cette consultation d’un mois sur internet en plein été ne saurait en tenir lieu.

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MATEJICEK Christian
10 octobre 2025 23 h 48 min

Effectivement c’est la même histoire que le gaz de couche qui à fait Flop !!! mais fait artificiellement monter l’action de la Française de l’Energie .

Commune
Longeville les st avold
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