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Une aventure qui devrait se vivre à quatre
Un projet territorial comme celui de la prospection d’hydrogène naturel est une aventure qui se vit à quatre :
- une startup qui en assure la maîtrise d’ouvrage;
- une équipe de scientifiques qui encadre le projet et qui apporte sa crédibilité;
- l’État qui le contrôle, et les collectivités qui l’accompagnent ou le financent;
- les habitants, qui vivent sur le territoire concerné.
Et pour que le projet réussisse, il faut que les habitants fassent réellement partie de cette aventure en devenant des alliés vigilants et constructifs !
D’abord parce que le droit d’accéder aux informations relatives à l’environnement et celui de participer à l’élaboration des décisions publiques sont des droits constitutionnels, consacrés par l’article 7 de la Charte de l’environnement.
Ensuite parce que ce sont les habitants qui devront accepter les risques pris au regard des bénéfices que le territoire peut espérer en tirer.
Oup's... On a oublié les habitants
On vient de forer à Pontpierre un trou d’environ 20cm de diamètre et de 3655 m de profondeur (notons que le forage de Gironville dans la Meuse est, depuis 1964, toujours en tête du podium lorrain avec une profondeur de 5683 mètres).
Des tubages ont été posés jusqu’à 2000 m de profondeur puis prolongés par 1600 mètres de crépines (tubage perforé) destinées à capter l’eau du carbonifère chargée (en principe) d’hydrogène dissous.
Les scientifiques de l’université de Nancy ont commencé leurs analyses et interprétations qui s’étaleront sur deux ans.
Et les habitants ?
Cela fait bientôt 4 ans que ces scientifiques ont découvert une présence d’hydrogène dissous dans l’eau du carbonifère et cela fait 4 ans que les habitants doivent se contenter des images d’Epinal qu’on leur distribue :
- Des perspectives radieuses (CNRS)
- Un trésor d’hydrogène blanc découvert en Lorraine. Sous la ville de Folschviller, en Moselle, 34 millions de tonnes d’hydrogène blanc viennent d’être mises au jour (Davidson)
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Depuis la réalisation du forage de Pontpierre, les superlatifs se sont encore multipliés :
- Une première mondiale réussie pour l’hydrogène naturel… Succès du forage PTH-2 dédié à l’hydrogène naturel… (Euronext, CCI business)
- «La plus grosse réserve au monde» : les forages confirment la présence d’hydrogène naturel en Lorraine (Libération)
- Un forage à plus de 3 600 m de profondeur, «à ce jour le plus profond au monde»( ?), a permis de confirmer la «présence importante» d’hydrogène naturel dans le sous-sol de la Moselle…(Connaissance des énergies)
- C’est l’avenir de tous les Mosellans qui se joue ici. (Conseil Départemental)
Quatre ans, et toujours si peu d’informations factuelles
Ce déséquilibre pose un vrai problème démocratique.
L’industriel et les scientifiques en charge du projet disposent des études, des données, des financements et des relais institutionnels.
L’habitant, lui, ne dispose bien souvent que des éléments de langage qu’on lui propose dans les conférences promotionnelles et dans la presse généraliste.
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Ce n’est pas une information complète, vérifiable et contradictoire. Cela ressemble davantage à une communication d’acceptabilité.
La prospection de l’hydrogène naturel est une belle aventure. Il serait dommage de la dévoyer en oubliant les habitants.
Arrêtons de vouloir ranger les habitants, de manière simpliste, dans des cases POUR ou CONTRE le projet. Les associations locales sont favorables à la prospection hydrogène pourvu qu’elle soit bien faite !
Ça fait 30 ans qu’on cherche à extraire du gaz dans le bassin houiller et on a crû, à tort, qu’il fallait nous séduire avec une vision d’avenir radieux, alors qu’il faut simplement nous associer à l’aventure avec une information loyale.
En janvier 2026, M. Weiten, président du Conseil départemental de la Moselle, demandait aux habitants d’être, sur ce projet, « totalement unis » et de ne « plus à aucun moment commencer à douter ».
Encore faut-il donner aux habitants les moyens de connaitre la réalité du projet.
Attention à ne pas retomber dans les travers du « gaz de couche »
Oublier les habitants, ou pire, leur refuser l’accès à une information factuelle, c’est prendre le risque de construire un front d’opposition comparable à celui qui a conduit à l’annulation de la concession minière par le Conseil d’État.
Les questions qu'on se pose
Le peu d’information à disposition des habitants, suscite nécessairement de nombreuses questions.
Elles portent d’abord sur les hypothèses scientifiques retenues pour aboutir à un gisement évalué à plusieurs dizaines de millions de tonnes d’hydrogène, puis sur la démarche engagée pour valider ces hypothèses et démontrer qu’une exploitation serait possible.
Elles portent aussi sur les risques techniques. Les mécanismes de dommages causés aux puits de forage par l’hydrogène font l’objet de publications scientifiques. Il est donc indispensable d’expliquer comment ces risques seront anticipés, surveillés et maîtrisés
Les questions sont nombreuses et nous en avons fait un article séparé :
A l’intention des scientifiques qui encadrent le projet.
Un établissement public de recherche, financé majoritairement par l’argent public, a une mission de diffusion des connaissances et des obligations en matière d’accès aux documents et aux informations environnementales.
Cette aventure ne peut pas rester une affaire d’entre-soi : les habitants souhaitent en faire partie.
Ils attendent de ces scientifiques une information régulière, claire et accessible sur les hypothèses retenues, sur les données disponibles, sur les incertitudes, sur les validations obtenues — ou non — et sur les conséquences concrètes pour le territoire.
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Car une aventure scientifique et industrielle ne peut devenir une aventure territoriale que si les habitants y sont pleinement associés.
























on nous dessine un bel eldorado …. la communication est plutôt limitée et presque trop rassurante sur un sujet technique et scientifique qui n’est peut-être pas vraiment maîtrisé ? … la population : la grande muette ? j’aimerai bien avoir des nouvelles sans fard ….
Deux articles remarquables qui pourront permettre d’informer tous ceux qui ne veulent pas se limiter à la communication de l’industriel.
Il permettra à ceux qui désirent sincèrement chercher la vérité sur ce dossier de l’HYDROGENE d’aborder des questions essentielles sans gober sans analyse les annonces excessivement optimistes d’une entreprise en quête d’investisseurs.