Investigation : Collectif EcoTribune / AGIR pour le Cadre de Vie
La CASAS a dû prendre en charge l’assainissement de 39 communes, avec 423 km de réseaux. La commune de Macheren se voit donc débarrassée de l’épineux problème de son réseau d’assainissement en piteux état. Débarrassée ? Pas vraiment, puisque le Maire doit prendre les mesures nécessaires au maintien de la sécurité et de la salubrité publiques sur le territoire de sa commune.
1995, 1999, 2011, 2018, 2021, 2022… les tempêtes et les inondations se suivent et se ressemblent. 56 habitations ont subi des dégâts importants et en subiront encore puisque rien n’est fait. Le réseau d’assainissement de la rue du Wenheck est réputé sous-dimensionné, avec des conduites incapables d’évacuer une pluie un peu forte.
Qui n’a pas assisté au soulèvement des plaques d’égouts, aux cascades boueuses sur la voirie, aux avaloirs qui régurgitent un mélange d’eaux pluviales et usées dans les sous sols des habitations !
C’est pas moi, c’est elle !
Le Maire de Macheren annonce qu’il n’y peut rien et que c’est du ressort de la CASAS.
C’est elle, mais pas pour tout et elle n’a pas le temps !
La CASAS annonce qu’elle vient de prendre en charge la compétence assainissement et qu’il y a d’autres priorités. En revanche, la réalisation des fossés d’interception du ruissellement est à la charge de la commune.
Ne rien faire et pire… laisser faire !
Un lotissement supplémentaire d’une vingtaine d’habitations (les Alouettes) veut s’implanter sur le versant du Wenheck et se raccorder à ce maudit réseau d’assainissement. Est-ce qu’on aurait oublié de dire au promoteur que l’assainissement est défectueux ?
L’association Agir pour le Cadre de Vie multiplie les réunions pour alerter sur ce problème et dire que les conditions ne sont pas réunies pour accueillir ce lotissement.
La CASAS reconnaît, en octobre 2022, que le réseau dysfonctionne et sature. Elle promet de mener rapidement une étude spécifique pour limiter les risques d’inondations. Elle émet un avis défavorable au projet du promoteur et lui demande de soumettre à nouveau son projet une fois le problème d’assainissement levé.
15 mois plus tard, l’étude a été partiellement réalisée sur les ruissellements agricoles (étude SAFEGE) mais rien n’a encore été étudié sur l’assainissement. L’étude a porté sur rue du Wenheck et sur le secteur chemin de fer.
Le promoteur a introduit un recours en justice contre le refus du permis et a gagné, face à l’étonnante absence d’arguments de la commune.
En ne faisant rien et en laissant faire, la commune laisse le champ libre à la construction d’un lotissement dans des conditions si défavorables qu’on ne voit pas bien comment il pourrait ne pas créer de nuisances pour les riverains :
- Terrain pentu et imperméable
- Réseau assainissement municipal incapable d’évacuer les eaux dès qu’il y a une forte pluie
- Risque supplémentaire d’inondation
- Voirie d’accès au lotissement sous-dimensionnée
Recours juridiques, risque de blocages… Cet immobilisme crée une situation conflictuelle dont il ne sortira rien de bon, au détriment de l’accueil de nouveaux habitants à Macheren.
Où est le pilote ?
Notons que Longeville-lès-Saint-Avold, rattachée à une communauté de communes, a conservé sa compétence assainissement. Et, à la suite des inondations de 2018, la commune a mené son étude et réalisé des aménagements conséquents (bassins de rétention). Bravo Monsieur le Maire de Longeville !
Quant à Macheren, 6 ans après le déluge de 2018, rien n’est fait, rien n’est prévu !
Où est le pilote ?
Même si la compétence assainissement est transférée à la CASAS, le Maire conserve ses pouvoirs de police générale avec entre autres “le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et les fléaux calamiteux ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les incendies, les inondations,…”
Quoiqu’on en dise, le pilote reste le Maire et les habitants des 56 habitations inondées lui demandent de tout faire pour réduire le risque inondations.
Un Maire doit aller au charbon !
Macheren avec ses 3 salles des fêtes, ses terrains de foot, ses 9 classes d’école primaire et maternelle et ses 19 associations, voit sa population baisser et c’est inquiétant. De plus, le nouveau PLU ne pourra autoriser qu’une consommation probable de 5 ha supplémentaires destinés à la construction avec une densité de plus de 16 logements par hectare.
Occupation des dents creuses, création de lotissements, aménagement d’espaces verts… Les temps changent, les projets ont besoin du soutien des riverains concernés, et autoriser un permis sans consulter les habitants n’est pas une pratique gagnante.
Ce que la loi NOTRe ne fera jamais changer, c’est qu’un Maire doit protéger ses administrés et doit tenir compte des alertes lancées par les riverains concernés !
Agir pour le cadre de vie
L’association fait son possible pour faire remonter les alertes des habitants


















Des problèmes récurrents d’inondations des eaux de la voirie vers mon domicile (garages, sous sol inondés régulièrement). J’ai entamé une procédure il y a plusieurs mois par courriers recommandés auprès de la commune et de la casas qui n’ont pas daigné intervenir. Réseau sous dimensionné sur Macheren avec un système où les eaux usées et les eaux de pluie sont drainées par la même canalisation. Tout le monde est au courant mais personne ne réagit. C’est lamentable.
Bel endroit sur front de mer